Simona Ionas
Directrice principale des communications externes
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Par Jamie Bonham, chef de l’investissement responsable, Placements NEI
Par Jamie Bonham, chef de l’investissement responsable, Placements NEI
Dans le premier discours du Trône prononcé après la Confédération en 1867, le gouvernement du Canada avait salué l’exploitation des « richesses minérales qui abondent dans la région du Nord-Ouest » comme faisant partie intégrante du plan de construction nationale du tout nouveau gouvernement canadien. On dit que l’histoire ne se répète pas, mais qu’elle rime. La volonté actuelle du gouvernement de développer des projets liés aux minéraux critiques dans l’intérêt de la construction nationale a assurément un air de déjà-vu. Nos 159 années d’expérience nous ont appris comment procéder de la bonne manière.
L’exploitation minière est l’épine dorsale de toute économie moderne, et nos dirigeants ont de bonnes raisons d’évoquer les avantages pour le Canada de produire des « minéraux critiques » comme le cuivre, le nickel, le lithium et les terres rares. La rentabilité des énergies renouvelables et des véhicules électriques ne cesse de s’améliorer, et il y a fort à parier que la demande pour ces technologies continuera d’être alimentée par les chocs mondiaux affectant le système énergétique conventionnel, comme la guerre en Iran.
L’Agence internationale de l’énergie prévoit (lien en anglais) que la demande en minéraux critiques augmentera de manière spectaculaire au cours des prochaines décennies, la demande en lithium à elle seule devant être multipliée par cinq d’ici 2040. Cet engouement mondial, associé à une prise de conscience croissante de l’importance stratégique de ces minéraux, suggère que ce battage n’est pas sans fondement. Les investisseuses et investisseurs auraient tout intérêt à en prendre bonne note.
La relation de notre société avec l’exploitation minière a quelque chose de particulier. Nous pensons à l’exploitation minière aussi souvent qu’aux fondations de notre maison : presque jamais. Pourtant, nous en profitons et nous en dépendons quotidiennement. La réussite de la transition énergétique dépend de notre capacité à répondre à cette demande, mais nous ne passons pas beaucoup de temps à discuter de la manière dont nous allons concrètement y parvenir.
Le défi de l’exploitation minière ne réside pas exactement dans l’indifférence. De nombreuses études, dont celle-ci, montrent qu’une majorité de Canadiennes et Canadiens reconnaissent l’importance de l’exploitation minière pour l’économie et sont généralement favorables à son développement futur. Le problème, c’est plutôt un manque de confiance. Ces mêmes personnes qui affirment reconnaître l’importance de l’exploitation minière déclarent également ne pas faire confiance à l’industrie – ni à nos gouvernements – pour mener leurs activités de manière responsable.
La confiance est une denrée mondiale qui se raréfie de nos jours, mais, même dans le contexte actuel, le secteur minier se démarque, et pas dans le bon sens du terme. Le sondage (lien en anglais) annuel de Globescan sur l’opinion publique mondiale classe le secteur minier à la toute dernière place parmi tous les secteurs en ce qui concerne la perception de la manière dont il s’acquitte de ses responsabilités envers la société. Les banques, l’industrie pharmaceutique et même les entreprises d’intelligence artificielle se classent toutes devant le secteur minier.
Ce manque de confiance, qu’il soit justifié ou non, constitue un véritable défi pour le secteur. Il nuit à son acceptation sociale, à sa capacité à obtenir des autorisations et à nouer des partenariats avec les communautés autochtones. En substance, il entrave sa capacité à se développer. Et c’est un problème pour tout le monde, car nous avons tous un intérêt dans cette transition.
Les raisons de ce manque de confiance s’expliquent facilement. L’exploitation minière est, par nature, une activité extractive qui a des répercussions environnementales visibles sur le paysage et un bilan mitigé en matière de remise en état des sites après exploitation. Bien que l’exploitation minière peut créer des emplois bien rémunérés pour les collectivités locales, les avantages ne sont pas toujours répartis équitablement entre ceux qui vivent à proximité des mines, qui subissent souvent des conséquences sociales indésirables.
Les communautés autochtones ont connu une histoire particulièrement mouvementée avec cette industrie. Le discours d’investiture de Sir John A. Macdonald sur l’exploitation des richesses minérales de l’Ouest constituait, en réalité, un appel explicite à la colonisation des terres autochtones. C’est ainsi qu’a commencé une tradition d’extraction des ressources naturelles au détriment des droits des Autochtones, une tradition à laquelle nous n’avons commencé à remédier que récemment. Notre prochaine étape de construction nationale devra faire beaucoup mieux.
Cela nous amène aux solutions. Pour instaurer la confiance, l’industrie doit adopter les pratiques exemplaires minières, renforcer la transparence, s’engager de manière constructive auprès des collectivités concernées et établir des relations mutuellement bénéfiques avec les communautés autochtones, fondées sur le respect de la souveraineté autochtone. Elle doit également montrer qu’elle met ces mesures en œuvre, car la perception est primordiale lorsqu’il s’agit de la confiance du public.
C’est précisément pour résoudre ce problème que l’Initiative for Responsible Mining Assurance (IRMA) a été créée. L’IRMA est une norme de pratiques exemplaires minières, régie par plusieurs parties prenantes et soumise à un audit indépendant, qui place la transparence au cœur de sa théorie du changement.
La structure de gouvernance unique de l’IRMA se compose de six « maisons » représentant les principales parties prenantes de l’écosystème minier : les collectivités touchées par l’exploitation minière, les syndicats, les ONG, les sociétés minières, les acheteurs en aval et le secteur financier. Je préside actuellement le conseil d’administration de l’IRMA en ma qualité de membre de la « maison » du secteur financier. Chaque maison doit adhérer à tous les aspects de la norme. Est-ce facile? Non. Est-ce que cela en vaut la peine? Absolument, car la confiance durement acquise de l’IRMA découle du fait que les six maisons peuvent revendiquer à parts égales la propriété de la norme.
Lorsque la confiance est une denrée rare, il ne suffit pas qu’une société minière demande aux parties prenantes de croire qu’elle fait du bon travail, alors que leur propre expérience les amène à des conclusions différentes. C’est pourquoi la norme de l’IRMA exige une vérification indépendante et une transparence totale sur les résultats. Cet engagement en faveur de la transparence implique inévitablement que les lacunes d’une mine seront soumises à un examen minutieux.
Mais l’IRMA ne vise pas à trouver des mines parfaites; son objectif est d’apporter un changement concret. Cela implique de commencer par un bilan honnête des défis (et des réussites), d’une manière qui tienne compte des points de vue et des expériences vécues par les principales parties prenantes. Il n’y a rien d’étonnant à ce qu’un site minier présente quelques lacunes, voire plusieurs, par rapport aux pratiques exemplaires, et nous devons encourager les sociétés minières qui s’engagent en faveur de la transparence. Cependant, gagner la confiance nécessite également un plan transparent et assorti d’un calendrier précis pour remédier à ces lacunes, ce qui constitue une autre exigence de l’IRMA. Il ne s’agit pas d’obtenir une médaille d’or, mais de faire un effort sincère pour la mériter.
Grâce à l’engagement de ses membres, le modèle de gouvernance multipartite de l’IRMA a su gagner une confiance de plus en plus reconnue auprès des parties prenantes externes. Des dizaines d’études (lien en anglais), d’évaluations et de déclarations publiques émanant de la société civile, d’entreprises et d’agences internationales ont sans ambiguïté désigné l’IRMA comme l’une des normes les plus solides, transparentes et efficaces du marché.
Il est important de noter que, dans le contexte canadien, des entités dirigées par des Autochtones, telles que le Conseil des Premières Nations pour l’énergie et l’exploitation minière, l’Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique et l’Assemblée nationale des Premières Nations, ont reconnu l’IRMA comme une norme capable de guider une exploitation minière responsable tout en reconnaissant et en protégeant les droits des peuples autochtones.
Ce niveau de reconnaissance de la part des titulaires de droits et des parties prenantes est à la fois rare et bien mérité; il montre comment l’IRMA pourrait être mise à profit pour combler le déficit de confiance que l’industrie et le gouvernement tentent actuellement de résorber.
Alors que les gouvernements se tournent à nouveau vers l’exploitation minière comme vecteur de construction nationale, nous devons faire preuve d’honnêteté quant aux obstacles et aux solutions spécifiques. Le fossé de confiance ne peut être comblé simplement en accélérant le rythme et, si nous essayons cette approche, nous échouerons. Mais si nous prenons le temps de rétablir la confiance grâce à la transparence, à une rigueur indépendante et à l’appropriation du processus par les parties prenantes, nous pourrions bien y parvenir.
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